Introduction
Le retour des Google Glass : comment Google prépare des lunettes Android XR dopées à l’IA
Temps de lecture : ~5 min
- Le retour des Google Glass, entre nostalgie et révolution
- L’IA Gemini, chef d’orchestre invisible
- Fonctionnalités phares, pour la première fois vraiment utiles
- Un écosystème ouvert, des alliances bien senties
- Face à Meta et Apple, la bataille du regard
- Les obstacles : vie privée, autonomie, adoption
- Conclusion : un pari audacieux, mais parfaitement dans l’air du temps
Le retour des Google Glass, entre nostalgie et révolution
Souvenez-vous : en 2013, les premières Google Glass faisaient sensation… avant de disparaître, victimes d’un design trop voyant, d’une autonomie ridicule et de polémiques sur la vie privée. En 2025, l’histoire pourrait prendre un tournant bien différent. Présentées au Google I/O puis au TED de Vancouver, les nouvelles lunettes Android XR Glasses quittent le domaine expérimental pour rejoindre celui du quotidien. Derrière ce nom se cache une plateforme entièrement pensée pour la réalité étendue.
Concrètement, Android XR reprend les racines d’Android, mais les mêle à une couche logicielle capable de gérer la 3D, les gestes et la superposition d’informations en temps réel. Le tout est servi dans une monture fine, dessinée avec Xreal et plusieurs maisons de mode. Google promet une expérience « tête haute » fluide : plus besoin de sortir son téléphone, vos notifications, traductions et itinéraires flottent discrètement devant vos yeux. Cette renaissance s’appuie sur des composants plus robustes, un marché désormais mûr et la puissance de l’IA générative.
L’IA Gemini, chef d’orchestre invisible
Au cœur de ces lunettes se trouve Gemini 2.5. Contrairement aux assistants vocaux d’antan, la nouvelle IA comprend ce que vous regardez, ce que vous entendez et même ce que vous êtes en train de faire.

Cas d’usage
Imaginez : vous traversez Barcelone, vous levez les yeux vers la Sagrada Família, et les Glasses affichent instantanément l’historique de sa construction. Dans le même temps, Gemini vous propose d’acheter vos billets coupe-file pour éviter la queue. Plus tard, assis à une terrasse, vous discutez avec un serveur catalan ; la traduction s’affiche en sous-titres fluides, sans latence. L’assistant contextuel anticipe aussi vos besoins : un rappel pour appeler votre amie en France s’insère discrètement, juste avant qu’il ne soit trop tard pour le décalage horaire.
Le tout se pilote à la voix ou par de simples gestes – un clin d’œil pour prendre une photo, un glissement d’index pour balayer vos cartes. Cette couche IA, invisible mais essentielle, promet un compagnon numérique permanent et discret.
Fonctionnalités phares, pour la première fois vraiment utiles
- Traduction instantanée : affichage des sous-titres d’une conversation dans votre langue ou celle de votre interlocuteur.
- Assistant de poche : prise de rendez-vous, navigation GPS fléchée, messages dictés à la volée.
- Capture mains libres : photos, vidéos et notes filmées d’un simple clignement, synchronisation avec Google Photos.
Google assure que ces fonctions gagneront en finesse grâce aux mises à jour logicielles régulières. Comme pour le Pixel, le matériel est pensé pour durer et évoluer.

Un écosystème ouvert, des alliances bien senties
Pour éviter la répétition du fiasco de 2013, Google change de méthode : ouverture et partenariats. Android XR est présenté comme une plateforme disponible pour casques, lunettes et autres accessoires à venir. Des kits de développement permettront aux créateurs d’applications d’adapter leurs services à la réalité étendue sans réapprendre un nouveau langage.
Côté design, Google s’appuie sur Warby Parker, Gentle Monster et le groupe Kering (Gucci, Balenciaga) pour transformer un gadget tech en objet de mode. Samsung fournit des écrans micro-OLED flexibles et des batteries haute densité : deux ingrédients décisifs pour un poids plume et une autonomie d’une journée entière.
Face à Meta et Apple, la bataille du regard
Le marché s’anime : Meta propose ses Ray-Ban Stories, orientées réseaux sociaux ; Apple capitalise sur son Vision Pro, un casque XR très immersif mais cher et volumineux. Google joue la carte de la légèreté et de l’IA contextuelle. Les Glasses visent un compagnon discret, utilisable du matin au soir, sans barrière visuelle avec autrui.
Alors que le Vision Pro isole, les Android XR Glasses superposent. Là où les Ray-Ban se concentrent sur la capture de contenu, Google ajoute une couche d’intelligence et de services pratiques. Le produit gagnant sera celui qui s’intègre dans la vie quotidienne, pas seulement en démonstration.
Les obstacles : vie privée, autonomie, adoption
Le chemin reste semé d’embûches :
- Vie privée : une caméra et un micro braqués en permanence suscitent des inquiétudes, malgré un témoin lumineux et un mode « décroche ».
- Autonomie : même avec les batteries de Samsung, une journée d’usage intensif peut nécessiter un étui-batterie.
- Adoption sociale : porter des lunettes connectées doit devenir aussi banal qu’utiliser un smartphone ; le prix et le design seront clés.
Les premiers modèles ciblent 2025-2026, d’abord aux États-Unis et au Japon, avant de s’étendre aux early adopters et au grand public.

Conclusion : un pari audacieux, mais parfaitement dans l’air du temps
Entre 2013 et 2025, les mentalités ont changé : la réalité augmentée est entrée dans nos filtres Instagram, l’intelligence artificielle habite nos téléphones et la frontière entre offline et online s’efface. En relançant les Google Glass sous Android XR, Google ne fait pas que recycler une idée ; il la réinvente grâce à Gemini, aux capteurs miniaturisés et à une stratégie mêlant luxe, mode et électronique grand public.
Si Google tient la promesse d’un assistant vraiment utile, invisible et respectueux de la vie privée, les Android XR Glasses pourraient devenir l’accessoire incontournable de la prochaine décennie. Reste à voir si nous accepterons tous de porter sur le nez le symbole d’un futur où l’IA nous accompagne… au sens littéral.

